Plan d’épargne en actions (PEA)

Le PEA ou plan d’épargne en actions, c’est quoi et à quoi cela sert ? Voilà les questions que nous nous sommes posées lorsque notre banque nous a proposé d’en ouvrir un. Nous venions juste de transférer tous nos comptes chez elle, car il s’agissait d’une condition à l’obtention de notre prêt immobilier, et à cette occasion, elle nous a invité à ouvrir une panoplie de plans d’épargne : PEL, assurances-vie, PEA.

À quoi cela correspondait ? Nous n’en savions pas grand-chose, mais nous avions l’impression que cela ne pouvait pas faire de mal. Nous investissions chacun 50 € par mois dans notre PEA.

Pourtant, quelques années plus tard, au moment où nous avons fait le point sur notre situation financière avec notre gestionnaire de patrimoine (donc en dehors de la banque), il nous a conseillé de les fermer…

Il est vrai que les résultats obtenus n’étaient pas mirobolants, voire même décevants. Persuadés que notre banque nous avait encore vendu son produit pour gagner de l’argent sur notre dos, nous avons écouté notre gestionnaire de patrimoine et clôturé nos PEA.

Maintenant, nous revenons dessus !

Alors, qu’est-ce qu’un plan d’épargne en actions ? Est-ce intéressant d’en avoir un ? Pourquoi ? Dans cet article nous allons tenter de répondre à toutes ces questions.

Qu’est-ce qu’un plan d’épargne en actions (PEA) ?

Le plan épargne action (PEA) est un produit d’épargne réglementé. Il permet d’acquérir et de gérer un portefeuille d’actions d’entreprises européennes éligibles, tout en bénéficiant, sous conditions, d’une exonération d’impôt.

Il existe 2 types de PEA :

  • Classique (bancaire ou assurance),
  • PEA-PME, qui est dédié aux titres des PME et des ETI.

Note : il existe également un PEA jeune, uniquement destiné aux jeunes âgés de 18 à 25 ans. Les jeunes doivent être toujours rattachés au foyer fiscal de leurs parents pour pouvoir en bénéficier. Le PEA jeune a été mis en place le 24 Août 2019 par la loi Pacte.

Les conditions d’ouverture du plan, les titres qu’il peut abriter, les conditions de versement, retrait et de bénéfice de l’avantage fiscal sont réglementés.

 Le rythme et le montant des versements sont librement déterminés (une alimentation programmée est possible).

Pour savoir si un titre est éligible au PEA, vous pouvez consulter le support de votre banque qui doit l’indiquer. Sinon il existe divers sites comme Morningstar qui vous donnent l’information.

Nous pouvons voir dans l’ETF ci-dessous qu’il est éligible au PEA, mais non au PEA-PME.

Exemple d'action éligible au PEA
Exemple d’action éligible au PEA

Le PEA classique bancaire

Le PEA bancaire permet d’acquérir un portefeuille d’actions d’entreprises européennes tout en bénéficiant, sous conditions, d’une exonération d’impôt.

Pour en ouvrir un (et un seul), il vous suffit d’être majeur et domicilié fiscalement en France.

Les versements alimentent un compte-espèces qui sert à acheter des titres tels que :

  • Actions, certificats d’investissement, parts de SARL,
  • Parts d’organismes de placements collectifs (OPCVM, Sicav, etc.).

Le plafond de versement est de 150 000 €. Son calcul ne prend pas en compte les gains réalisés depuis l’ouverture du plan.

Le PEA classique assurance

Le PEA assurance est souscrit auprès d’une compagnie d’assurance. Il prend la forme d’un contrat de capitalisation en unités de compte. Les sommes versées sont investies dans des titres pouvant figurer sur un PEA bancaire.

Pour en ouvrir un (et un seul), il vous suffit d’être majeur et domicilié fiscalement en France.

Le PEA assurance est constitué par un contrat de capitalisation en unités de compte. Les sommes versées servent au paiement des primes et des frais liés au contrat.

Les supports d’investissement sont identiques au PEA bancaire, mais vous ne pouvez pas les acheter en direct.

Le plafond du PEA assurance est de 150 000 €. Son calcul ne prend pas en compte les gains réalisés depuis l’ouverture du plan.

Le PEA-PME

Le PEA-PME est destiné à financer les petites et moyennes entreprises (PME) et les entreprises à taille intermédiaire (ETI). Il fonctionne comme un PEA bancaire, à l’exception du plafond des versements (225 000 € hors gains réalisés depuis l’ouverture du plan), et des titres qui peuvent y être investis :

  • Directement : actions (sauf actions préférentielles), parts de SARL, obligations convertibles ou remboursables en actions, etc.
  • Indirectement : actions de sociétés d’investissement à capital variable, parts de fonds commun de placement (OPCVM, Sicav, etc.), parts de fonds communs de placement à risque, etc.

Pour en ouvrir un (et un seul), il vous suffit d’être majeur et domicilié fiscalement en France.

Le PEA jeune

L’ouverture d’un PEA est réglementée et limitée à 1 par personne ou 2 par foyer fiscal.

Ainsi, si vous avez un enfant majeur (entre 18 et 25 ans) mais que vous avez déjà vos PEA d’ouverts, il ne pourra pas ouvrir de PEA “classique”. Il devra alors se tourner vers un PEA jeunes. La seule différence avec un PEA classique est le plafond qui est de 20 k€.

Cependant, il est important de l’ouvrir dès les 18 ans de l’enfant car :

  • La date d’exonération commence dès l’ouverture
  • Ce PEA est automatiquement transféré vers un PEA classique sans perte d’avantage au départ de votre enfant du foyer fiscal

Pourquoi investir sur un PEA ?

Le gros avantage du plan d’épargne en actions est qu’il est facile à mettre en place et peut être automatisé par exemple en :

  • Programment des versements réguliers,
  • Augmentant automatiquement votre taux d’épargne à des intervalles de votre choix (par exemple, vous pouvez décider chaque année d’augmenter votre investissement de 10 %. Si vous économisez 100 € la première année, la 2ème année ce sera 110 €, 121 € la 3ème…).

Mais il permet aussi de vous constituer un capital diversifié d’actions et de profiter d’une fiscalité avantageuse.

Se constituer un capital diversifié en actions sur le long terme

Le PEA est idéal pour débuter en Bourse et investir à moyen long terme sur les marchés en actions. Cela signifie que vous vous constituez, via le PEA, un portefeuille d’actions destinées à être gardées dans la durée. Il est parfait par exemple si vous souhaitez vous lancer dans les ETF. Le plan d’épargne en actions est pertinent en effet, si vous souhaitez épargner à moyen long terme.

Attention cependant, les titres éligibles au plan d’épargne en actions sont limités aux sociétés dont le siège social est situé en Union européenne.

Au-delà de l’investissement en Bourse, un PEA vous permet d’investir auprès de sociétés non cotées, mais aussi dans des petites et moyennes entreprises (PME) et des entreprises de taille intermédiaire (ETI), pourvu qu’elles soient éligibles à ce dispositif.

Profiter d’une fiscalité avantageuse

Au bout de 5 ans, les dividendes et plus-values dégagées par le plan d’épargne en actions sont exonérés d’impôt (mais pas des prélèvements sociaux).Il est donc important de l’ouvrir le plus tôt possible pour “prendre date” car la date d’exonération est calculée à partir de la date d’ouverture. À titre de comparaison, les gains réalisés sur la revente d’actions détenues dans un compte-titres ordinaire (CTO) sont soumis à un prélèvement fiscal de 12,8 % et à un prélèvement social de 17,2 %, soit un total de 30 %. C’est également le cas du PEA pour les retraits effectués avant la 5ème année. Retirer avant la 5ème année se traduit également par la clôture du PEA, sauf en cas de mise à la retraite anticipée, de licenciement ou d’invalidité pour le détenteur du plan ou son conjoint

Absence de retrait ou rachatRetrait ou rachat après 5 ansRetrait ou rachat avant 5 ans
Pendant la durée du PEA, les dividendes (partie des bénéfices d’une société distribuée aux actionnaires) et les plus-values que procurent les placements effectués dans le cadre du plan ne sont pas imposables, à condition d’être réinvestis dans le PEA.

Toutefois, les revenus des titres non cotés détenus dans un PEA sont exonérés, chaque année, dans la limite de 10 % du montant de ces placements.
Si vous retirez de l’argent de votre PEA après 5 ans, les gains de votre PEA sont exonérés d’impôt sur le revenu.

Toutefois, les revenus des titres non cotés détenus dans un PEA sont exonérés, chaque année, dans la limite de 10 % du montant de ces placements.

Vous pouvez faire un retrait total ou partiel de votre PEA, sans que celui-ci soit clôturé.

Le retrait peut aussi se faire sous la forme d’une rente viagère (somme versée périodiquement jusqu’au décès du bénéficiaire).
Si vous retirez de l’argent de votre PEA avant les 5 ans du plan d’épargne, le gain net réalisé depuis l’ouverture du plan est imposé au taux de 12,8 %.
Si vous le souhaitez, vous pouvez toutefois opter pour une imposition au barème progressif.

Le gain net correspond à la différence entre les 2 montants suivants :
– Valeur liquidative : valeur d’un placement en fonction à la fois des éléments qui le constituent (actions par exemple) et des frais du PEA à la date du retrait
– Montant des versements effectués sur le plan depuis son ouverture.

Toutefois, les retraits anticipés bénéficient d’une exonération dans certaines situations, notamment dans les cas suivants :
– Décès du titulaire du plan
– Affectation des sommes au financement de la création ou de la reprise d’une entreprise, sous conditions.
Détail des avantages fiscaux en fonction de la date de retrait

Les revenus du PEA sont soumis aux 17,20 % de prélèvements sociaux (CSG, CRDS) quelle que soit la date des retraits.

Note : ouvrir un PEA le plus tôt possible, même si vous ne versez rien dessus, vous permet de prendre date, au cas où vous voudriez retirer de l’argent.

Les risques d’investir sur un PEA

S’agissant d’un placement en actions, il n’existe aucune garantie en capital. Un investissement au sein d’un PEA ne se conçoit donc que sur le long terme et en diversification d’autres placements moins risqués. Pensez à d’abord vous constituer une épargne de précautions.

De même, afin de limiter les risques, les investissements réalisés au sein d’un PEA doivent être répartis entre divers secteurs d’activités, différentes zones géographiques…

Vous devez être prêt à accepter les fluctuations des marchés boursiers et donc le risque de perdre une partie de votre épargne, de façon temporaire, voire définitive. 

Ensuite, vous devez être conscient qu’investir dans un PEA directement en actions demande du temps pour pouvoir s’informer, suivre et gérer ses investissements.

Enfin, attention aux frais lié à votre plan d’épargne en actions. Certaines banques / assurances appliques des frais très importants !

Il faudra faire attention notamment aux :

  • Frais d’ordre → choisissez votre support en fonction des montants que vous allez investir chaque mois
  • Frais de garde → il existe maintenant des banques en ligne qui n’appliquent plus de frais de garde
  • Frais d’inactivité → certaines banques appliquent des frais d’inactivité. Donc si vous avez seulement prit date sans faire de versement chaque mois, vous serez prélevé de ce forfait

Comment investir sur un PEA ?

Le PEA étant un produit d’épargne réglementé, vous ne pourrez en ouvrir un que chez les acteurs autorisés. De ce fait, pour ouvrir un PEA, tournez-vous vers une banque (traditionnelle ou en ligne), une société d’assurance, un courtier ou tout autre intermédiaire financier qui fournit des services d’investissement. N’hésitez pas à comparer les offres des différents acteurs en fonction de votre situation et de vos souhaits d’investissement.

Attention, le plan d’épargne en actions est limité à 1 par personne ou 2 par foyer fiscal.

Si vous avez un enfant majeur âgé de 18 ans à 25 ans dans votre foyer fiscal, il peut ouvrir un PEA jeune en plus des 2 PEA du foyer.

Une fois votre PEA ouvert, vous pouvez commencer à investir. Voilà nos conseils :

Appliquez la technique du DCA

Le DCA (Dollar Cost Averaging) ou achat périodique par sommes fixes est une stratégie d’investissement en bourse qui consiste à investir régulièrement une somme toujours identique sur le même support quel que soit l’état du marché. L’objectif de cette stratégie est de réduire le risque lié à la volatilité des marchés financiers.

Cette stratégie est parfaite pour les investisseurs de long terme et s’adapte sans souci à un PEA qui donne la possibilité d’automatiser les versements.

Au-delà du fait que vous minimisez le risque de fluctuation du prix parce que vous bénéficiez d’un coût moyen, cette technique couplée à l’automatisation des versements, exige moins de discipline et entraîne moins de stress.

Achetez plus !

Si l’investissement en bourse via un PEA s’avère relativement facile, vous ne devez pas oublier que chaque ordre passé vous coûtera de l’argent. D’où l’importance de bien choisir votre intermédiaire financier, car tous n’appliquent pas les mêmes frais de gestion. S’il s’agit souvent d’un pourcentage du montant de l’ordre, il peut aussi y avoir un montant fixe à payer. Dans ce cas, faites en sorte d’acheter un minimum afin de “rentabiliser” le coût.

Faites un arbitrage

Même si le PEA a l’avantage de pouvoir être totalement automatisé, cela ne vous dispense pas de contrôler sa bonne évolution. À intervalles réguliers, au moins une fois par an, faites le point sur la situation du vôtre.

Conclusion

Pour bénéficier des avantages fiscaux, aucun retrait ne doit intervenir avant 5 ans. Il s’agit donc d’un investissement moyen terme. Il est important de noter que l’investissement en bourse est un investissement long terme. Ce support est donc particulièrement adapté pour commencer à investir en bourse, de par ses avantages et sa structure qui nous “impose” d’attendre 5 ans.

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7 réactions sur “ Plan d’épargne en actions (PEA) ”

  1. Julien BIVI Réponse

    Bonjour Fabien et Isabelle,

    Merci pour cet article très complet au sujet du PEA.
    Je vous rejoins sur le fait que c’est un investissement intéressant en vue de diversifier ses supports d’investissement. De plus, l’avantage fiscal n’est pas à négliger.

    Le PEA classique et le PEA-PME étant cumulable, cela permet de diversifier encore plus car les actifs éligibles sont différents.

    Bons investissements 😊

    • Fabien et Isabelle Auteur ArticleRéponse

      Bonjour Julien,
      En effet, les deux peuvent se cumuler.
      Il ne reste qu’a mettre en place les DCA pour alimenter ces supports 🙂

      Bonne continuation

  2. Alexandre HUET Réponse

    Aïe, oui il faut être vigilant face aux banques qui proposent d’ouvrir pleins de produits.
    Dans le cas du PEA, de ce que j’ai vu, les banques ne sont absolument pas compétitif face aux courtiers en ligne ! Pareil pour les assurances vies. Il est bon de faire un tour sur ce qui existe avant de se lancer ^^

    • Fabien et Isabelle Auteur ArticleRéponse

      Bonjour Alexandre,
      Au final ce qui fait le plus mal c’est de l’avoir clos alors que nous aurions pu le transférer.
      Mais on apprend toujours de ses erreurs…

      Bonne continuation,

  3. Madougo Réponse

    Bonjour,
    Merci pour cet article qui est très enrichissant !
    Pour ceux qui le peuvent, en effet on peut cumuler le PEA et le PEA PME.

    • Fabien et Isabelle Auteur ArticleRéponse

      Bonjour,
      En effet, notre priorité reste d’alimenter nos PEA « classiques ».
      Mais si un jour nous atteignons le maximum, ce sera une option fortement envisagée.

      Bonne continuation

  4. Ping Notre changement de banque - La voie des finances

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