Notre relation avec l’argent – Étude de cas #20

Notre relation avec l’argent a bien évolué depuis nos plus jeunes années…

“L’argent ne fait pas le bonheur”. 

C’est sûrement l’expression la plus connue au sujet de l’argent.

Ici l’argent est directement lié à un sentiment. Lors de notre participation au carnaval d’article sur le thème de “Comment être zen avec l’argent ?”, nous avons fait l’exercice de nous rappeler de nos émotions liées à l’argent lors des différentes phases de notre vie.

Ce parcours est assez personnel au début et ensuite il s’est inscrit dans notre foyer à la suite de notre rencontre et au début de notre vie commune.

La frustration initiale : le manque d’argent

Fabien

Ma relation avec l’argent a commencé au lycée. Avant cela je n’en avais pas et surtout je n’en avais pas l’utilité. Nous vivions à la campagne et j’avais des besoins et des envies très simples que mes parents pouvaient m’offrir notamment lors des mes anniversaires et de Noël.

Au lycée, les choses se sont légèrement corsées car j’étais en “ville”. J’étais interne, ce qui limitait énormément mes possibilités de sorties et donc mes besoins / envies d’argent, car nous ne pouvions sortir que de 17h à 18h15.

Cependant, nous n’avions pas internet en chambre et en seconde j’ai découvert l’un de mes hobby qui durera pendant plus de dix ans (et que j’ai encore mais que je ne peux pas pratiquer par manque de temps, les MMORPG. Ce sont des jeux assez addictifs et je suis vite devenu accro. Mais jouer à un MMORPG sans connexion internet… ce n’est pas possible. J’ai donc découvert également les cybercafés. Mais c’était bien sûr payant. J’avais la chance d’avoir vingt euros d’argent de poche par mois. Il fallait donc être efficace dans sa gestion. 

La même année, je découvrais une seconde activité qui deviendrait elle-même addictive. Le jeu de cartes Magic, the gathering. Comme tout jeu de ce type, cela demande également de l’argent pour acheter les cartes que l’on souhaite se procurer.

Je me retrouvais donc rapidement avec deux activités demandant de l’argent et aucun revenu.

L’année suivante, en première, j’étais toujours interne et la personne avec moi dans la chambre était la personne avec qui je jouais au MMORPG. Il ne jouait pas aux cartes Magic, mais lui n’avait pas de problèmes financiers. Ainsi, il me prêta 130 € pour acheter une boite de booster avec comme défi de lui rapporter 180 € et je pourrais conserver le reste. Je suis devenu un expert dans l’achat / revente de cartes. Rapidement je remboursai les 130 € et conservais une quantité non négligeable de potentiel à l’échange. Ainsi, plutôt que de prioriser l’achat des cartes dont j’avais besoin, je me spécialisai dans l’achat / revente pour conserver une trésorerie d’avance et pouvoir être autonome par la suite. Cela me prit une petite année, mais par la suite je pus construire de nombreux decks (ensemble de carte) sans avoir à réinvestir d’argent dans ce hobby.

Sur le papier, c’était très correct. Cependant, le processus était très lent. Au final je ne jouais que rarement avec les cartes dont j’avais envie et la situation était assez frustrante.

J’ai pratiqué ces deux activités pendant de nombreuses années avec comme promesse que le jour où je travaillerais et que j’aurais un revenu, je pourrais enfin répondre à mes envies de ce côté.

Lors de mes études supérieures, je travaillais toutes mes vacances dans une champignonnière. Ainsi, en cumulant les vacances d’été et les vacances pendant la période scolaire, je me retrouvais avec des revenus annuels bien supérieurs à ce que j’avais eu lors de mes années de lycéen. Et bien que n’ayant plus d’argent de poche (plus besoin), je pouvais me permettre de répondre plus facilement à mes envies d’autant que nous avions accès à internet sans payer. Donc mes revenus passèrent en cartes Magic et en soirées.

Ce fut probablement mes années les plus sereines sur le plan financier. Mes besoins étaient très faibles et mes revenus compensaient mes envies.

Cependant, cette sérénité a volé en éclat dès le début de ma vie active. J’ai trouvé du travail à 400 km de chez moi. Je coupais donc les ponts avec la plupart de mes amis et je n’avais plus l’occasion de jouer aux cartes Magic… Donc mes rèves d’enfin acheter mes cartes manquantes restèrent au stade de projet, car je n’en avais plus le besoin.

De plus, je commençais la vie active avec un salaire très faible, bien inférieur à celui que je gagnais à la champignonnière.

En cumulant le coût du logement, les charges, la nourriture et les allers-retour pour voir ma famille et mes amis, il ne me restait que peu à la fin du mois. Pourtant je n’avais plus aucune activité nécessitant de l’argent hormis le sport.

Isabelle

Ma relation avec l’argent n’a réellement commencé qu’à partir du moment où nous nous sommes rencontrés avec Fabien.

Plus jeune, je recevais 10 francs par semaine pour acheter mes tickets de bus et autres. Mais mes besoins étaient faibles et préférant rentrer de l’école à pied, j’épargnais chaque franc reçu.

À l’âge de 18 ans, mes parents ont ouvert pour moi un PEL et une assurance-vie qu’ils alimentaient chaque mois. Lorsque je suis entrée dans la vie active, j’ai pris le relai par habitude davantage que dans un but précis. Là encore, n’ayant que peu de besoins, vivant encore chez mes parents, j’épargnais plus que je ne dépensais, ce qui m’a permis d’avoir un apport conséquent au moment de l’achat de notre résidence principale.

Puis j’ai rencontré Fabien et nous avons décidé de nous installer ensemble. C’est à partir de là que l’argent est devenu “important”. À deux, nous devions gérer notre budget pour nous loger, manger, nous rendre à notre travail… Mes besoins et envies se sont développés, la frustration de ne pouvoir les satisfaire aussi… 

Nos débuts dans la vie commune

La première année de vie commune fut assez sereine. Nous n’avions pas de gros salaires, mais pas de gros besoins.

Nous faisions nos sorties cinéma / glaces. Nos activités communes ne nécessitaient pas énormément de moyens et globalement tout allait bien. 

La situation s’améliora à la fin de la première année, car nous déménageâmes dans un logement ou nous étions hébergé à titre gracieux. Nous ne payions qu’internet et les charges.

Cette situation dura quelques mois jusqu’à ce que nous achetions notre maison. Nous étions rentrés dans une phase de confiance, tant mutuellement que sur le plan financier, nous nous lancions donc dans l’aventure.

Et ce fut les 3 années les plus longues de notre vie à ce jour. Par peur des dettes, nous avions emprunté le minimum possible auprès de la banque. Nous avions donc avancé certains frais comme ceux de notaire et nous avions décidé de financer nos travaux en direct. Nous avons mis deux ans à terminer notre maison et une année supplémentaire à l’équiper en meubles.

Trois années complètes à compter chaque euros, voilà qui forge le caractère. Cela à vraiment fait du tri entre nos besoins et nos envies. Nous avons bien sûr conservé des réflexes de cette période mais nous avons quand même choisi d’augmenter légèrement notre train de vie afin de profiter un minimum, surtout avec l’arrivée de notre fils.

Des balbutiements prometteurs : la peur des mauvais choix

Pendant toute cette période, nous comptions chaque euro, mais surtout, nous commencions à constituer notre épargne.

Effectivement, lors de l’achat de notre résidence principale, notre banque nous avait fait ouvrir à chacun un PEL, un PEA et une assurance-vie. Et la société de Fabien lui avait ouvert un PERP et un PEE. Nous placions sur les supports bancaires entre 45 et 100 € par mois, et ceux de société étaient alimentés par celle-ci.

Ainsi, sans trop nous en rendre compte, nous avions constitué en quelques années un petit capital de départ pour nos investissements, environ 30 k€.

Donc fin 2018 quand nous avons décidé de chiffrer nos objectifs et d’en faire une priorité, nous ne partions pas de zéro.

Après plusieurs heures de vidéos Youtube, lectures en tous genres, prises de renseignements sur des forums… nous ne savions pas dans quelle direction nous lancer. Plus nous en apprenions, et plus nous étions perdus.

Ainsi, début 2019, en parlant avec un collègue, ce dernier nous présente un cabinet de gestion de patrimoine “tout public ». Nous entendons par là qu’il ne faut pas obligatoirement un capital minimal pour les consulter et qu’ils accompagnent les investisseurs débutants.

N’arrivant pas à faire nos choix nous-mêmes, nous avons sauté sur l’occasion.

Nous considérons que c’est à ce moment précis que nous avons vraiment commencé à investir, car nous le faisions de façon consciente, avec de nouveaux objectifs clairement définis et un accompagnement.

Continuant nos recherches et formations en parallèle, nous avons vite été limités dans l’accompagnement de ce cabinet. Il a l’avantage d’être “gratuit”, mais est donc limité à certains types de placements et dans ces types de placement à certains supports partenaires. De plus, le conseiller qui nous est dédié n’est pas payé à la commission, ainsi, nous ne pouvons pas nous attendre à un suivi personnalisé.

Notre capital augmentant, notre niveau de formation également, nous avons décidé de prendre du recul avec ce cabinet, de continuer à la consulter si les produits proposés étaient cohérents avec nos besoins et d’aller ailleurs si cela ne convenait pas.

L’évolution en cours : l’hésitation constante

Depuis début 2021, nous tentons donc de construire nous-mêmes notre patrimoine. C’est un parcours extrêmement enrichissant. Chaque choix découle d’une idée initiale, puis d’une simulation, puis d’une concertation et enfin d’un passage à l’acte. Le premier acte consiste souvent en une formation afin de confirmer nos simulations et statuer sur la pertinence de notre idée initiale. Ainsi, nous avons à ce jour plusieurs éléments que nous allons déployer prochainement, les modèles ayant été validés lors des formations.

Cependant, nos possibilités ne sont pas infinies du fait de nos faibles revenus, et il faut donc faire des choix dans la stratégie de développement.

À ce jour, c’est le point le plus délicat. Nous avons déjà changé une fois de stratégie. Nous ressentons toujours une frustration de ne pas avoir été au bout de la première et nous hésitons en permanence entre :

  • Conserver la stratégie actuelle et l’affiner avec le temps,
  • Revenir à notre stratégie initiale et la développer par la suite,
  • Construire une nouvelle stratégie globale.

La stratégie actuelle

Notre stratégie actuelle a le mérite d’être simple et efficace. Elle permet d’atteindre nos objectifs initiaux et est totalement passive.

Cependant, elle n’a pas la possibilité d’aller plus loin, or nous aimerions si possible augmenter nos objectifs afin de gagner en sécurité et en niveau de vie. Il est vrai que nos objectifs initiaux ne pourraient pas encaisser une inflation pareille à celle en cours pendant de nombreuses années. Notre niveau de vie baisserait rapidement. Nous aimerions donc viser un peu plus haut et si possible faire plus pour notre fils également et l’inclure complètement dans cette stratégie.

La stratégie initiale

Notre stratégie initiale n’est pas une stratégie en soi. Elle consiste simplement à mettre la quasi-totalité de nos ressources dans le remboursement de nos prêts passifs afin de rapidement ne dépendre plus que d’un salaire en cas de problème. Donc ici, aucun investissement pendant prêt de 2 ans pour ensuite avoir une plus grosse capacité d’investissement en libérant notre capacité d’emprunt et également en récupérant une épargne mensuelle de près de 1 500 €.

Nous pourrions par la suite reprendre notre stratégie actuelle de façon plus agressive sachant que nous ne pouvons conserver le niveau de la stratégie actuelle et faire la stratégie initiale en parallèle. Mais nous bloquons les prochaines étapes de la stratégie actuelle.

La nouvelle stratégie

Construire une nouvelle stratégie serait l’idéal. Cependant, nous n’avons pas le niveau de connaissance suffisant pour répondre à notre envie à ce jour.

Nous aimerions donc pouvoir prendre les éléments importants des deux premières stratégies tout en accélérant la démarche.

C’est tout à fait réalisable, nous en sommes persuadés. Cependant, à ce jour, chaque fois que nous voulons gagner en performance, nous devons sacrifier une étape précédente, certes moins performante, mais qui nous tient à cœur.

La formation et l’accompagnement de Greenbull devrait nous permettre de finaliser cette nouvelle stratégie, mais il va nous falloir quelques mois pour en être certains. Ce sont des mois durant lesquels nous ne pouvons ni revenir à la stratégie initiale ni passer à la suite de la stratégie actuelle.

Le ressenti global : une sérénité croissante

Nous espérons donc réussir à lancer cette nouvelle stratégie. Dans le cas contraire, nous aurons seulement perdu quelques mois pour mettre en place l’une des deux autres stratégies et le gain en connaissance sera de toute façon bénéfique.

Quoiqu’il en soit, chaque mois nos dettes actives et passives se réduisent et notre patrimoine augmente. Le delta est très conséquent ce qui fait que les mois de test de notre nouvelle stratégie ne remettent pas en cause notre objectif global, nous échangeons un peu de performance court terme contre un potentiel de croissance d’un facteur 3 à 5.

Après une analyse risque / performance, ce choix nous paraît judicieux et bien que la situation fait que nous hésitons régulièrement, chaque mois nous sommes de plus en plus sereins grâce au fait que :

  • Nos dettes se réduisent rapidement,
  • Notre patrimoine hors résidence principale couvre bientôt la totalité de ces dettes (nous pourrions donc en cas de problème majeur tout solder) et surtout, 
  • Nos connaissances croissantes font que nous sommes persuadés d’atteindre nos objectifs et de pouvoir nous relever en cas de problème.

Et vous, avez vous des émotions fortes en relation avec l’argent ? Quelles sont vos actions pour maîtriser ces émotions ? N’hésitez pas à partager vos expériences en commentaire.

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3 réactions sur “ Notre relation avec l’argent – Étude de cas #20 ”

  1. Alexandre HUET Réponse

    Personnellement, je ne m’intéressais pas du tout a l’argent avant de me former ! On m’avait appris que l’important était d’avoir un bon boulot alors c’est ce que j’appliquais…
    C’est que plus tard, que je me suis rendu compte que les salariés sont et seraient toujours les grands perdants en termes de richesse. Les seuls qui n’ont pas de problèmes d’argents sont les investisseurs et les entrepreneurs.
    J’ai la chance de ne pas avoir trop d’affect avec l’argent, je n’en ai jamais manqué, je suis par éducation économe et j’ai confiance en ma capacité à apprendre et à trouver du travail. Cela implique que si je perdrais tout, je serais déçu que mes objectifs tombent à l’eau mais sans que ça soit dramatique. Pour moi, ma vrai valeur réside dans ma tête et pas dans mon porte monnaie 😁

    • Fabien et Isabelle Auteur ArticleRéponse

      Bonjour Alexandre,
      Ca c’est un mindset en acier! Nous partons de plus loin mais nous pensons également pouvoir reconstruire ce que nous faisons en cas de perte. Et nous sommes à un stade ou c’est encore « facile » à faire, sauf que maintenant nous avons plus de connaissance qu’avant, ca irait donc plus vite!

      Bonne continuation

  2. Ping Notre défi : 52 études de cas pour partager - La voie des finances

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