Notre épargne de sécurité – Étude de cas #3

Notre épargne de sécurité s’est constituée sans que nous y pensions vraiment. Avec un profil prudent, et comme nous ne dépensions pas la totalité de nos revenus, c’est tout naturellement que nous avions commencé à conserver des liquidités. N’ayant aucune connaissance sur la façon de gérer notre argent (merci le système éducatif), nous placions le tout par défaut sur nos livrets d’épargne. Nous ne gagnions pas des sommes importantes, mais vivions en-dessous de nos moyens, ce qui nous permettait de mettre de côté. Nous n’avions pas d’idées précises sur l’utilité de notre épargne.

Le point important est que plus cette épargne augmentait, plus nous étions sereins et confiants dans notre avenir. C’est de cette sérénité au bout d’à peine un an qu’est venue l’envie d’acheter notre résidence principale.

Chaque mois, nous prenions l’habitude de positionner sur nos livrets l’argent que nous n’avions pas dépensé de nos salaires. Même avec des salaires à 1200€ chacun, nous arrivions à épargner quelques dizaines voire centaines d’euros mensuellement.

Les lecteurs de cet article ont aussi lu l’article « L’épargne de précaution : elle a tout bon ! »

L’épargne de sécurité comme garant et apport

Lorsque nous avons décidé d’acheter notre maison, cette bonne attitude prise de mettre de côté chaque mois nous a largement aidé dans notre dossier de demande d’emprunt auprès des banques. Car nos salaires n’étaient pas mirobolants et nous n’avions qu’un CDI sur deux. Rien qui puisse vraiment intéresser un prêteur. Pourtant, nous avons obtenu sans grandes difficultés notre prêt. Cette épargne de précaution dont nous disposions nous ouvrit les portes de l’accession à la propriété :

  • D’une part en présentant nos trois derniers relevés de comptes, les banques constatèrent notre gestion prudente de notre argent et la mise en réserve chaque mois d’un pécule de sécurité,
  • D’autre part, nous pouvions mettre sur la table un premier apport qui nous permit au moins de payer les frais de notaire.

L’épargne de précaution au quotidien

Une fois notre maison achetée, nous avons encore eu besoin d’argent pour un certain nombre de travaux. La maison était à la base habitable en l’état. Mais nous avons décidé de ravager l’intérieur du sol au plafond pour tout refaire entièrement.

Si nous avons fait beaucoup de choses nous-mêmes pour réduire les coûts, nous nous sommes aussi payé les services d’artisans tant pour l’électricité que pour les fenêtres et le placo.

Pour cela, plutôt que d’avoir recours à un nouveau prêt qui nous aurait coûté cher, nous avons à nouveau pioché dans notre réserve de sécurité. Nous n’avions sciemment pas intégré ces coûts à notre prêt immobilier afin de faire un prêt le plus petit possible. Nous misions sur le temps et notre capacité à économiser chaque mois pour réaliser ces travaux.

Surtout qu’entre la signature chez le notaire et le début des travaux avec les artisans, nous avions eu l’occasion d’épargner à nouveau un peu d’argent. Et nous n’avions pas de pression sur le temps car nous avons eu la chance d’être logés à titre gratuit par de la famille. Nous avions ainsi quitté notre appartement et ne payions qu’un loyer pour notre emprunt. Cela nous a permis d’étaler nos travaux sur 1 an et demi afin d’avoir le temps chaque fois d’économiser pour la suite. Lorsqu’on commence des travaux, surtout dans la rénovation et même en étant prévenu, il est difficile de savoir quand s’arrêter…

Nos travaux immobiliers ont été financés grâce à notre épargne de précaution
Nos travaux ont été financés grâce à notre épargne de précaution

Une réserve de sécurité comme alternative au prêt conso

Bien installés dans notre nouvelle maison rénovée à neuf, notre famille s’est agrandie. Nous avons alors acheté une nouvelle voiture. Là encore, nous n’avons pas eu recours à un prêt à la consommation pour l’achat. Nous avons simplement pioché dans notre épargne de précaution.

Précisions complémentaires :

  • À cette période, notre épargne était d’un montant assez élevé car nous n’étions pas encore dans une démarche d’investissement.
  • Plus récemment, nous avons fait le choix de faire un prêt à la consommation plutôt que de puiser dans nos économies en raison des faibles taux d’intérêts qu’il faut opposer aux gains potentiels en investissement.

L’épargne de précaution dans son utilisation standard

Maintenant, nous connaissons l’importance d’une telle réserve. Nous la maîtrisons aussi mieux et surtout, notre vie est plus stable car mieux encadrée sur nos finances et nos objectifs. Nous avons donc fait le bilan de ce qui pouvait mal se passer en appliquant la loi de Murphy.

S’il arrive des mois où nos dépenses dépassent le montant de nos revenus, nous savons que nous pouvons piocher dans notre réserve pour ne pas finir dans le rouge. Nous rencontrons ce genre de situation généralement en fin d’année. C’est à ce moment-là qu’arrivent les régularisations d’impôts sur le revenu ou qu’il faut commencer à prévoir les cadeaux de Noël de toute la famille. Mais en théorie, si vous tenez correctement votre budget, ce genre de “surprises” ne devrait pas vous frapper.

Dernièrement, nous avons également eu recours à plusieurs reprises à notre épargne de précaution. Notre chaudière a décidé qu’elle ne ferait plus de chaud quand il fait froid… Encore une fois, cela nous évite d’avoir recours à des prêts à la consommation aux taux d’intérêts exorbitants. Cela nous permet aussi de mieux dormir. Nous savons qu’en cas de problème nous disposons toujours d’un montant disponible rapidement.

Le calcul de notre matelas de sécurité

Nous n’avons pas de montant réellement arrêté pour notre épargne de précaution. Nous visons à minima une épargne à 6000€. Voilà sur quoi nous basons notre calcul :

  • Nous dépensons en moyenne 3000€ par mois, mais en cas de coup dur, nous pourrions réduire notre train de vie aux alentours de 2200€.
  • Nous pouvons également récupérer près de 300€ de loyers qui sont actuellement réinvestis.
  • Nous ne pensons pas possible de perdre tous les deux notre emploi. En partant de l’hypothèse que nous conservons le plus faible de nos salaires, nous aurions un revenu de 1700€ net.

Total de nos dépenses contraintes à financer : 2200€ – 300€ – 1700€ = 200€

Estimation de pannes potentielles : 6000€ (prix d’une chaudière, qui nous pose pas mal de difficultés dernièrement + gros entretien d’une voiture)

Notre épargne de précaution devrait ainsi s’élever à 200€ x 6 mois + 6000€ = 7200€.

La reconstitution de notre épargne de sécurité

La question la plus difficile par la suite est de choisir comment reconstituer son épargne de précaution.

Faut-il arrêter tout investissement et ne manger que des pâtes jusqu’à ce qu’elle soit de nouveau complète ? Ou peut-on se contenter de déposer chaque mois un montant et la laisser se reconstituer tranquillement ?

Dans notre cas, nous avons deux approches complémentaires :

  • Lorsque nous puisons beaucoup dedans, nous faisons des efforts assez conséquents pour la recomposer, quitte à réduire nos investissements. C’est ce qui se passe depuis le début d’année après nos problèmes de chaudière.
  • Puis, lorsque notre niveau d’épargne de précaution est quasiment atteint, nous la laissons se remplir petit à petit en y injectant de façon mensuelle un montant. Nous reprenons nos investissements et l’achat d’actifs qui permettent chaque mois de se rapprocher un peu plus de nos objectifs

Et vous, comment constituez-vous votre épargne de précaution ? Un petit peu chaque mois ? Ou préférez-vous l’avoir disponible en totalité le plus rapidement possible quitte à vous priver ou cesser vos investissements ? Dites-le nous dans les commentaires.

Si vous avez aimé cet article, partagez-le ! :)

2 réactions sur “ Notre épargne de sécurité – Étude de cas #3 ”

  1. Ping Notre défi : 52 études de cas pour partager - La voie des finances

  2. Ping La voie des finances - Chronique #1 - La voie des finances

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *