Nos besoins et nos envies – Étude de cas #5

Comme pour beaucoup, la distinction entre nos besoins et nos envies ne s’est pas faite de façon consciente au départ.

Lorsque l’on entre dans la vie active et que l’on commence à travailler, l’une de nos premières pensées est d’imaginer que l’on va enfin pouvoir s’offrir tout ce que l’on souhaite, maintenant que l’on a un salaire.

La réalité est souvent bien différente !

Pour nous aussi, cela ne s’est pas exactement passé ainsi. Tant que l’on est pas autonome, on ne se rend en général pas compte de tous les frais annexes à payer. Entre les impôts, les assurances, le logement, la réparation de la voiture, etc… Bien qu’aidés par nos parents respectifs, nous avons eu la chance de devoir commencer très tôt à prendre en charge certaines de ces dépenses ou a minima à participer à certaines de ces dépenses.

Ainsi au début, nous étions timides sur les dépenses, ne sachant pas comment gérer notre argent. De plus, contraints par notre situation financière, nos priorités se tournaient automatiquement vers nos besoins, laissant de côté nos envies. Puis une routine s’est installée et nous nous sommes fait plus plaisir. Nous avons trouvé un équilibre entre besoins et envies. Mais, lorsque nous avons acheté notre maison, la situation a de nouveau changé… 

Dans cette étude de cas, nous allons vous présenter comment ont évolué nos besoins et nos envies, quels ont été les éléments déclencheurs et comment nous avons choisi de les satisfaire de façon pérenne, sans remords ni frustration.

Les lecteurs de cet article ont aussi lu l’article : « Quelle est la différence entre un besoin et une envie ?”

Nos débuts

Quand nous nous sommes rencontrés, nous travaillions depuis peu. L’un depuis un peu plus d’un an et l’autre depuis 8 mois. Jeune couple, nous avons commencé timidement les soirées cinéma. Puis un ou deux restaurants, et notre plaisir : un goûter glace / bière dans un bar dédié et ce juste en face du cinéma.

Mais nous n’avons pas tenu ce train de vie très longtemps, car nos salaires ne nous permettaient pas d’enchaîner les sorties. Nous avons donc petit à petit pris l’habitude de restreindre les activités onéreuses aux grandes occasions et de nous concentrer sur les activités gratuites.

Nos besoins avant les envies

Peu de moyens, beaucoup d’envies, voilà qui ne facilitait pas nos débuts dans la vie active. Ainsi limités par nos faibles revenus, plutôt que d’entrer dans une spirale infernale de prêts à la consommation, nous avons choisi de nous restreindre. Nous avons dû prioriser nos besoins avant de penser à nos envies. Nous limitions ces dernières au maximum, ne nous octroyant que peu de plaisirs. Par exemple, nos sorties se bornaient aux occasions exceptionnelles comme les anniversaires. En courses, nous veillions à ne dépenser que le strict minimum. Pas question d’acheter des produits de grandes marques, nous visions le “top budget”. Régulièrement nous déclinions les invitations de nos amis à des activités onéreuses. Nous comptions le moindre centime. Le tout était encadré par un fichier de suivi de nos dépenses qui a dû s’adapter à ces contraintes et être de plus en plus précis. Nous ne pouvions pas nous permettre d’être pris au dépourvu.

Mais cette situation n’était pas confortable. Très contraignante, elle nous pesait.

Heureusement, après de longs mois difficiles, nous avons été soulagés par le seul fait de disposer d’un logement à titre gracieux. Nous avons enfin pu souffler et nous autoriser quelques extras.

L’évolution de nos priorités

Au fil des années, nos revenus ont augmenté. Nos besoins restaient les mêmes tandis que nos envies demeuraient, voire augmentaient. Nous avons alors commencé à en satisfaire certaines. Par exemple, nous avons dit adieu au “top budget” lors de nos courses alimentaires. Nous nous sommes lancés dans une activité de peinture sur figurines. Enfin, nous avons accepté les sorties proposées par nos amis.

Quand un jour, nos envies ont changé ! Nous avions un nouveau but : celui d’acquérir notre résidence principale.

À la suite de cet achat, sans aller jusqu’à retourner à notre situation initiale, nous avons de nouveau dû prendre en compte un loyer qui amputait grandement nos revenus. À cela, il fallait ajouter toutes les dépenses induites par les travaux. Mais ces années à devoir faire des choix nous avaient permis de bien comprendre ce qui était vraiment important pour nous.

Ainsi, contrairement au début, aucun sentiment de frustration ne nous tenaillait. Car notre objectif de posséder une maison avait pris le dessus sur nos envies. Nos priorités avaient changé.

Objectifs VS envies

L’achat de notre maison a marqué un tournant dans notre vision des besoins et envies. S’il satisfaisait notre besoin de sécurité, il nous permettait également de faire un premier pas en investissement et répondait donc à une envie de plus long terme. Car si notre situation personnelle progressait, nos objectifs de vie évoluaient en même temps.

De toutes ces expériences et ces années à définir vraiment ce qui nous rendait heureux et donc répondait sur le long terme à nos envies est né notre but principal, celui qui répondrait à l’ensemble de nos besoins et envies tout en restant raisonnable : pouvoir cesser notre activité salariée et vivre de nos revenus passifs. Le tout en ayant prévu à l’avance un budget pour chaque ligne de notre tableau des besoins, mais également un budget afin de pouvoir répondre à nos envies (dans la limite du raisonnable).

Ce nouveau but avait changé nos priorités.

Sans nous priver comme c’était le cas au début, nous avons choisi d’investir notre argent plutôt que de le dépenser pour d’autres envies plus éphémères. À la place du plaisir immédiat, nous pensons maintenant au plaisir que nous aurons dans quelques années. Une fois nos revenus passifs suffisants, nous serons libres de satisfaire nos envies sans mettre en péril nos besoins.

Il est important de préciser que nous souhaitons répondre à l’ensemble de nos besoins et à nos envies rationnelles. Ce sont celles que nous avons depuis des années et que nous pouvons maintenant quantifier et chiffrer.

Il s’avère que notre objectif correspond au 4ème étage de la pyramide de Maslow (version finances) présentée dans l’article dédié, à savoir l’autonomie financière. Comme indiqué dans cette représentation pyramidale, le niveau le plus élevé est la liberté financière. Il représente l’abondance et donc la liberté de faire des folies. Ce n’est pas ce que nous visons. N’y voyez pas un manque d’intérêt (qui ne souhaiterait pas pouvoir se permettre des folies ?), mais atteindre ce niveau représente un effort d’investissement que nous estimons 5 fois supérieur au précédent. Cela irait en plus à l’encontre de notre envie principale qui est d’arrêter de travailler avant 2040 (la date cible est à ce jour fixée à 2037 pour être précis).

En attendant, nous ne nous sentons pas pris au piège de nos choix. Car, même si nous ne profitons pas encore des fruits de nos investissements, voir notre épargne grandir chaque mois nous apporte suffisamment de satisfaction pour nous motiver à poursuivre. Notre objectif se rapproche tranquillement, mais sûrement et nous conforte dans notre comportement minimaliste.

Contraindre nos envies ?

Peut-être vous dîtes-vous que nous ne profitons pas ? Si nous comparons notre comportement à celui de bon nombre de personnes autour de nous, vous auriez raison. Nous faisons attention à nos dépenses, veillons à ne jamais être dans le rouge à la fin du mois, utilisons chaque matériel, vêtement, etc jusqu’au bout… Pour autant, nous ne sommes pas malheureux. Nous ne ressentons simplement pas l’envie d’avoir plus.

Quelques exemples de ce qui pourrait être perçu comme une restriction :

  • Même si nous en avons les moyens, nous préférons partir en vacances en tente dans un camping sans étoiles. Et nous visons les périodes creuses. Nous trouvons aberrant de dépenser un mois de salaire pour une semaine de congés.
  • Lorsque notre fils est né, nous avons dû changer de voiture. Car un enfant demande de la place entre le siège bébé, la poussette, les valises, les jouets… Les trajets en 107 auraient été compliqués. Nous aurions pu nous offrir un monospace grandiose (en contractant un prêt à la consommation). Au lieu de cela, nous avons scrupuleusement listé nos besoins (de la place, quatre roues et un volant, de la fiabilité), y avons tout de même inclus une envie (la climatisation), et sélectionné la voiture la moins chère qui répondait à ces conditions. (Nous n’avons pas oublié de négocier le prix et avons même obtenu le siège bébé en prime)

Là où vous voyez peut-être une contrainte (du radinisme ?), nous ne voyons qu’un style de vie plus ou moins minimaliste. Ce dernier nous permet de progresser plus vite vers notre objectif, mais ne nous est en rien imposé.

Il est à noter que nos choix en termes d’investissements sont très flexibles. Si nous le souhaitions nous pourrions tout stopper rapidement pour nous offrir un extra avant de reprendre par la suite. Ces choix ont été faits délibérément. Maintenant, après 3 ans d’investissement, nous n’avons jamais ressenti le besoin d’appliquer cette possibilité. Notre objectif de liberté demeure prioritaire à ce jour sur toutes autres envies.

Finalement, tout est une question de point de vue.

Conclusion

Comme vous pouvez le voir, le niveau de satisfaction de nos besoins et de nos envies a évolué avec le temps. À notre entrée dans la vie active, nos besoins étaient les premiers satisfaits tandis que nos envies étaient laissées de côté. Puis, notre situation financière a évolué, notre vie personnelle, notre façon d’acheter et nos objectifs aussi. Ces derniers sont maintenant notre priorité et passent devant nos envies de consommation.

Il est à noter que ce blog est la conséquence directe de ce parcours. La recherche constante de réponse à nos besoins et envies de façon pérenne nous a conduit à l’investissement de notre argent. C’est ce que nous essayons de partager via ce blog en espérant que cela puisse vous être utile. Les réponses aux questions dans les thèmes abordés sur ce blog sont relativement compliquées à obtenir et souvent peu claires. Nous souhaitons à travers notre expérience vous fournir dans les articles une vision objective du sujet et dans les études de cas une vision subjective du sujet avec nos réussites et nos échecs.

Et vous, vous êtes plutôt du genre à satisfaire vos envies immédiates ou êtes-vous plus posé dans vos achats ? Dites-le nous dans les commentaires.

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