Diversification ou dispersion, quelle différence ? – Étude de cas #7

Diversification ou dispersion, découvrez notre définition à travers notre histoire et nos réflexions.

2014, diversification ou dispersion ?

Une gestion hors de contrôle

Notre histoire commence en 2013. Quelques éléments de contexte :

  • À cette époque, Fabien travaille depuis quelque mois et possède un compte courant et un livret A dans une banque,
  • Isabelle travaille elle depuis un peu plus d’un an et possède un compte courant, un livret A et un PEL dans une autre banque.

Globalement, tout cela a été transféré, clos et ré ouvert en 2014 dans une nouvelle banque à la suite de l’achat de notre résidence principale. Cette banque chez qui nous avons contracté notre prêt nous a en même temps fortement incité à ouvrir divers comptes. Cela fait suite en partie à nos réponses à leur formulaire d’épargne où notre profil était ressorti comme épargnant avec risque limité.

Tous ces comptes qui nous étaient quelque part imposés par notre banque, nous les avons ouverts sans nous poser de question. Nous ne maîtrisions alors pas les aspects financiers et faisions tout bonnement confiance à notre banque. Si elle nous a un peu forcé la main, même maintenant nous n’avons rien à redire sur les choix qu’elle a fait pour nous.

Les prémices d’une épargne maîtrisée

En plus des différents supports mis en place, nous avons également décidé d’ouvrir un compte commun. Pour le coup, il s’agissait d’un acte bien réfléchi. Nous avions conscience que cela faciliterait notre gestion de l’emprunt de la maison et des dépenses communes.

Malgré d’importantes dépenses comme pour l’apport à fournir à l’achat de notre maison, pour les travaux et l’aménagement qui nous ont amené à quasiment vider la totalité de notre épargne jusqu’en 2016, date de notre emménagement, nous avons toujours continué à alimenter respectivement un PEL, un PEA et une assurance vie.

Cela peut paraître anecdotique au vu des montants placés (300€ par mois à deux quand même), mais nous entamions alors un processus de mise en place de bonnes pratiques qui allait nous servir par la suite.

Une première dispersion

Ainsi nous nous retrouvons en 2016 avec une situation stable et des évolutions salariales qui nous permettent de renflouer nos épargnes de sécurité et de commencer à réfléchir à plus long terme. 

En parallèle de cela, la société de Fabien lui ouvre un plan d’épargne entreprise (PEE) pour y recevoir les primes de participation et intéressement. Nous n’en profiterons pas jusqu’en 2016 où ces primes sont passées dans la rénovation de notre maison.

Enfin, sa société lui avait également ouvert un plan d’épargne retraite populaire (PERP) lors de son embauche. Ce compte aura été alimenté par la société à hauteur de 5% de son salaire brut jusqu’en 2015. Par la suite, la société a décidé d’arrêter de l’alimenter. Nous pouvions alors choisir de l’alimenter à titre personnel, chose que nous n’avons pas faite. Afin d’en faciliter la gestion, nous avons transféré ce PERP dans la banque ou nous avions nos autres comptes hors PEE.

Donc en 2016 voici le bilan:

  • Isabelle : un compte courant, un PEL, un PEA et une assurance vie
  • Fabien : un compte courant, un PEL, un PEA, une assurance vie, un PERP et un PEE
  • Commun : un compte courant

Nous nous retrouvons donc avec 11 comptes, plus ou moins gérés et plus ou moins alimentés car clairement, nous ne pouvions pas verser de l’argent sur tous ces comptes en même temps. De plus, nous n’avions pas réellement d’intérêt à le faire hormis celui de se mettre en sécurité, car nous n’avions alors pas défini nos objectifs.

Bien que parlant finance, ce blog est principalement accès objectifs et lorsque vous investissez, s’il n’y a pas d’objectifs à la clef, alors l’effort consenti se transformera en privation. À l’inverse, chaque investissement qui vous rapprochera de vos objectifs est perçu comme une petite victoire !

2018, fin de la dispersion ?

Une prise de conscience

En 2018, changement de cap. Nous commençons à nous renseigner et nous former sur l’investissement via internet et des magazines spécialisés dans le domaine. En parallèle de cela, après échange avec un collègue, nous contactons un cabinet de conseil en gestion de patrimoine.

Initialement, nous nous sommes entièrement reposés sur leurs conseils pour la mise en place de notre future épargne. Ainsi, nous avons clos une grande partie de nos comptes pour ouvrir de nouveaux supports plus adaptés à nos objectifs sur lesquels nous faisons un effort d’épargne.

En prenant du recul, comme c’était le cas avec notre banque, nous ne sommes pas déçus de la plupart des supports proposés. Pour autant, nous nous rendons compte qu’à ce niveau d’épargne, les conseillers restent des vendeurs de solution et que leurs discours restent orientés.

Attention, nous ne disons pas que leurs conseils sont de mauvaise qualité ou encore que les supports qu’ils proposent sont incohérents.

Pour notre part, nous faisons maintenant l’inverse : nous réfléchissons en amont à ce que nous voulons mettre en place et nous les consultons pour avoir leur avis ainsi que les solutions qu’ils peuvent nous proposer. Ainsi, s’ils sont d’accord avec notre analyse, c’est déjà un bon point ! Et si les supports qu’ils peuvent proposer sont dans la liste de ceux que nous avions défini, dans ce cas nous travaillons avec eux. En faisant cela, les démarches administratives sont simplifiées car à leur charge.

Nous nous retrouvons en fin 2019 avec la solution ci-dessous :

  • Fabien : livret A, PEL, PERP et PEE
  • Isabelle : livret A, PEL, assurance vie
  • Commun: compte courant, PEI chez Corum XL
  • Notre fils : Assurance vie, compte jeune

Résultat ?

Nous échangions 11 comptes contre… 11 comptes. Vu ainsi, cela semble toujours autant dispersé !

Pourtant, plusieurs points sont à nuancer :

  • Pour ce qui est de nos PEL, nous ne pouvons pas les clore avant 2024,
  • Le PERP ne pourra être clos qu’au départ à la retraite,
  • Le PEE ne dépend pas de nous en termes d’ouverture/ fermeture. Nous pouvons seulement décider de son alimentation ou pas et du niveau de risque associé.

Donc d’un côté nous disposons de comptes dont nous n’avons pas réellement la maîtrise d’un point de vue gestion. D’un autre côté nous avons bien agi pour revenir sur un portefeuille plus cohérent de supports :

  • Nous avons clos nos comptes courants pour n’utiliser que le commun,
  • Nos assurances vie ont été fermées pour n’en ouvrir qu’une seule.

Nous avons ainsi bien supprimé 3 comptes. Cependant, en échange nous avons ouvert un compte PEI chez Corum XL et 2 comptes pour notre fils né en 2018.

Même si cela semble toujours beaucoup, ces comptes répondent maintenant parfaitement à nos objectifs :

  • Le compte commun nous sert à gérer nos dépenses et ressources au quotidien,
  • Les assurances vie ont été ouvertes dans un but de plus long terme. Par exemple celle de notre fils nous servira pour ses études et le paiement de son permis de conduire,
  • Les PEI, parce qu’ils offrent un rendement mensuel, nous serviront en tant que salaires une fois que nous ne travaillerons plus.

2021, une première diversification

Comme vous l’aurez compris, 2018 marque un tournant dans notre stratégie de gestion et d’objectif. Nous avons bien moins de comptes à gérer car les deux comptes de notre fils ne sont pas à prendre en considération dans notre épargne, les PEL et le  PERP seront fermés dès que nous le pourrons.

Une diversification réfléchie

Face au succès de notre PEI sur la SCPI CORUM XL, nous avons décidé en 2021 d’ouvrir un nouveau compte chez Corum Origin avec un PEI alimenté à hauteur de 100€/mois, mais surtout un prêt de 60 k€ pour profiter de l’effet de levier. D’un coup d’un seul, nous avons changé de dimension en termes d’investissement ! Maintenant, ce compte s’auto alimente avec les intérêts composés. Il s’agit d’une diversification horizontale car nous avons ajouté seulement un produit de la même catégorie que notre produit initial, à savoir une SCPI diversifiée mais orientée bureau et industrie.

La même année, nous avons ouvert également un compte pour notre fils chez Corum XL. Nous y avons mis dessus l’argent qu’il avait reçu de ses anniversaires et noël qui dormait sur un compte courant. Ce support grossit tranquillement via les intérêts composés et lui fera un petit bonus quand il commencera dans la vie active. Là, il s’agit d’une diversification conglomérée car il passe d’une assurance vie orientée bourse à une SCPI.

Où se situe la limite entre diversification et dispersion ?

Enfin, en fin d’année, nous avons réfléchi de plus en plus à diversifier notre épargne. À ce jour, elle se trouve très orientée PEI. Surtout, les deux SCPI sur lesquelles nous investissons, sont chez CORUM, même s’il s’agit de deux SCPI distinctes.

Cependant, nos ressources commençaient à être mises à rude épreuve et malgré une gestion que nous jugeons très bonne, nous ne souhaitions pas une solution rigide. 

Pour autant, nous avons commencé nos recherches et réfléchi de plus en plus au crowdlending. Selon la plateforme, nous pourrions participer ponctuellement aux projets en fonction de nos ressources, sans caractère obligatoire.

En parallèle, nous nous sommes renseignés au sujet des possibilités de réduction d’impôt. Bien que notre niveau d’imposition reste tout à fait correct, il faut avouer que notre taux augmente tous les ans de part nos investissements. Il est donc important pour nous de commencer à réfléchir et nous former à ce sujet. Notre conseiller nous a ainsi présenté les groupements forestiers d’investissement (GFI) et ce fut un coup de cœur. Nous aimons plusieurs aspects de ce type d’investissement que nous vous présenterons dans un futur article. Mais en voici les points principaux :

  • Son principe de fonctionnement, bien que différent, reste semblable à celui d’une SCPI si ce n’est que les fonds sont bloqués 5 ans et que les rentes sont basées sur 3 entités à savoir : la réduction d’impôt, la vente de l’exploitation du bois, la revalorisation du prix du bois et des parcs forestiers,
  • Il y a également un avantage certain en termes de succession et l’un de nos objectifs est à terme de pouvoir transmettre le maximum de notre patrimoine à notre fils pour qu’il en profite et qu’il continue de le faire grandir.

Nous pourrions donc assimiler cet investissement comme une diversification concentrique où les efforts en formation sont moindres par rapport à un nouveau domaine.

2022, on continue la diversification ?!

Un bilan déséquilibré

Janvier 2022, nous avons réalisé l’audit annuel de notre patrimoine et comme présenté dans l’article dédié à cette étude de cas, le pourcentage de notre patrimoine en immobilier a grimpé en flèche ! Or ce bilan n’inclut pas notre résidence principale car nos objectifs sont chiffrés hors résidence principale. Cependant, en prenant en compte le fait que nous avons quasiment terminé de payer notre maison et si l’on ajoute la valeur capitalisée, le pourcentage en patrimoine immobilier augmente d’autant…

De nouveau, nous avons fait une séance de brainstorming et avons listé plusieurs axes possibles de diversification :

  • Investir dans les TPE / PME via le crowdlending et la plateforme October,
  • Investir en crowdfunding / crowlending via la plateforme Homunity (même si cela reste en quelque sorte de l’immobilier),
  • Alimenter notre assurance vie suite à un nouvel arbitrage pour aller chercher plus de performance,
  • Ouvrir une autre assurance vie spécialisée dans les ETF,
  • etc…

Nous avions donc listé de nombreuses actions avec pour objectif de commencer sur chaque plateforme avec le versement minimale, juste pour commencer la diversification. Cependant, même alimenter ces supports avec le minimum requis impliquait de réduire nos versements sur nos SCPI, car nous n’avions clairement pas les moyens de tout alimenter en l’état. Or, dans notre stratégie, les SCPI seront le cœur de notre épargne et réduire les versements maintenant a un impact très important sur la capitalisation à long terme en raison des intérêts composés. Un choix donc difficile à prendre au nom de la diversification et de la maîtrise du risque.

Attention à la dispersion !

Malheureusement, ou heureusement, en amont de notre réflexion, nous nous étions fixés comme objectif de remonter notre épargne de précaution. À la suite d’une succession de pannes de chaudière, son niveau était descendu très bas. Cela nous a donc laissé 4 mois pour réfléchir à notre situation. Finalement, après le bilan du premier trimestre et plusieurs soirées de réflexion / débat, nous avons décidé de revoir nos objectifs annuels.

En effet, nos phases d’échanges nous ont clairement montré que nous étions en train de nous disperser. Le premier signe est l’hésitation que nous avions à choisir par quel support commencer. Car cela demande un temps de formation et d’adaptation et nous n’avions pas ce temps ni l’énergie pour entamer ces démarches à court terme. En parallèle de cela, nous avions mis en relation notre patrimoine immobilier actuel et celui que nous visions pour atteindre nos objectifs. En pourcentage, cela est certes important, mais en capital brut, nous sommes encore loin du compte et les risques étant proportionnels aux capitaux engagés, à ce jour ils restent tout à fait cohérents.

Nous avons donc choisi de mettre tous nos efforts dans nos deux SCPI afin d’atteindre un versement mensuel de 1000€/mois chacune, cela en incluant les rentes que nous réinvestissons. À ce jour, nous franchissons tout juste les 1000€/mois sur les deux. Il faut donc encore trouver 1000€ supplémentaires. Cela ne sera possible qu’en 2026 lorsque nous aurons terminé de payer le crédit de notre résidence principale ainsi que notre prêt à la consommation qui a financé la fin de nos travaux.

Notre prévision de diversification

Corum XL et ORIGIN versent des rentes mensuelles. Ainsi, lorsque nous aurons atteint notre objectif, le gain annuel en rente s’élèvera à 110€/mois.

À partir de là, tous les ans, nous pourrons diversifier notre épargne à hauteur de 110€/mois sur un nouveau support tout en continuant d’alimenter nos SCPI sur lesquelles nous prévoyons d’avoir environ 50% de notre épargne à ce jour en incluant 1 à 2 SCPI supplémentaires dans les années à venir.

Les futurs axes à venir

Une vision à long terme

Il s’agit donc ici d’une vision long terme basée sur le fait que nos ressources issues de nos emplois ne pourront pas évoluer suffisamment pour continuer d’investir de façon dynamique et ensuite pour pouvoir diversifier notre épargne comme nous l’envisageons. Nous misons donc sur un support relativement solide et stable pour augmenter nos revenus que nous pourrons ensuite investir mensuellement ou annuellement.

Si l’on récapitule :

  • Nous plaçons à ce jour 1000€/mois sur nos SCPI en incluant les rentes que l’on réinvestit,
  • En 2026, notre prêt à la consommation et notre prêt sur notre résidence principale se termineront nous permettant de récupérer 1300€/mois et de débloquer 80% de notre capacité d’emprunt,
  • Ne restera que le prêt pour la SCPI ainsi que le prêt patronal qui est négligeable,
  • D’ici 2026, grâce aux intérêts composés et nos versements mensuels, nos SCPI généreront a minima 250€ supplémentaires par mois,
  • De plus, en 2024 nous pourrons enfin arrêter les versements sur nos deux PEL soit l’équivalent de 100€/mois.

Nous aurons donc une capacité d’investissement de 2650€/mois, de quoi alimenter les 2 SCPI et commencer un 3ème support.

Les seules exceptions à cette démarche basée sur un 100% SCPI le temps de générer suffisamment de rentes sont :

  • Notre versement annuel sur GFI que nous souhaitons maintenir même si à ce jour le capitale reste faible,
  • Les PEL où nous devons verser jusqu’en 2024,
  • Les éventuels versements sur le PEE liés aux primes de participation et d’intéressement, mais nous n’avons pas la main la dessus.

Avec notre capacité d’emprunt quasiment disponible dans sa globalité, nous pourrons alors envisager d’investir d’un coup dans un nouveau support. Nous pensons notamment à un immeuble locatif afin de rester dans l’immobilier, mais de se diversifier par rapport aux SCPI. À voir si la différence de rentabilité vaut la pénibilité de gestion du locatif.

Nos pistes d’évolution

À ce jour, cette démarche est claire pour nous, elle a l’avantage d’être solide et de nous vider l’esprit. Nous avons maintenant quelques années pour choisir notre futur support sachant que nous hésitons fortement à viser le maximum de versements annuels chez GFI pour commencer. Néanmoins, nous continuons nos bilans annuels et trimestriels car nous souhaitons rester souples en termes d’investissements. Notre démarche est basée là- dessus et à ce jour nous avons peu de contraintes hormis le prêt que nous avons chez Corum ORIGIN.

Nous cherchons également les opportunités d’investissement ponctuelles avec une épargne que nous conservons de côté à cet effet. Par exemple, nous pouvons citer notre dernier investissement chez Corum XL juste avant la revalorisation des parts prévue en mai.

Enfin, nous avons également un élément externe qui permettrait de clore notre prêt à la consommation d’un seul coup. Nous restons à l’affût de cette opportunité qui permettrait de libérer une partie de notre capacité d’emprunt et donc de faire un nouveau prêt pour un investissement et ainsi bénéficier de nouveau de l’effet de levier.

Conclusion

Pour conclure, il est important de se diversifier, mais si le jeu en vaut la chandelle. Inutile d’avoir 10 supports si le placement est de faible volume. La diversification doit également être en lien avec l’objectif à atteindre. Si vos objectifs ne sont pas clairs, il est très facile de se disperser et d’investir un peu partout sans lien avec la vision que vous aviez initialement de votre épargne.

Notre objectif se chiffre entre 700 k€ et 1 M€. Nous visons de répartir cette somme entre 5 et 10 supports. Pour connaître le montant de chaque support, nous visons une répartition en % en fonction des risques liés à ces supports. En effet, nous misons le reste de notre vie sur cette épargne donc il faudra bien les choisir et veiller au grain. Mais au vu des montants en jeu, chaque support portera plusieurs dizaines voire centaines de milliers d’euros donc inutile de commencer la diversification si un support n’a que 1000€.

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